Le réveil est matinal (un reste du décalage horaire ?) ce qui me permet de sortir du dortoir dès 5h30 et de me promener sur les ponts quasi déserts. A tribord, l'atoll de Fakarava se dessine sur le ciel encore sombre.
Le lever de soleil, contemplé depuis la passerelle, est magique : le soleil semble énorme, il émerge de la ligne d'horizon à vue d'oeil, pour se cacher ensuite derrière quelques nuages tout en teintant le ciel de jaune.
L'Aranui s'approche de la passe nord de Fakarava. l'atoll se dessine peu à peu : une bande de sable jaune, très fine, surmontée d'une rangée de palmiers hirsutes. On distingue le phare de Topaka, aux allures de pyramide aztèque.
Les différentes îles de Polynésie
En Polynésie, on peut distinguer deux catégories principales d'îles : les îles hautes, montagneuses, dont certaines sont entourées d'un lagon, et les îles basses, les atolls. Ces aspects différents correspondent à des moments différents dans la longue vie d'une île volcanique. En effet, les îles de Polynésie sont des anciens volcans, plus ou moins âgés. Lorsqu'une remontée de magma perce la croute terrestre (c'est ce qu'on appelle un point chaud), un volcan se forme. Au fur et à mesure que la plaque tectonique se déplace, l'île se déplace, jusqu'à ne plus se trouver au dessus du point chaud. L'île s'enfonce alors progressivement dans l'eau. Dans les eaux peu profondes et donc chaudes autour de l'île se développent des récifs coralliens, qui dessinent des ilots (motus) et délimitent un lagon. A fur et à mesure que l'île s'enfonce, le corail continue à pousser en hauteur. Quand l'ile montagneuse a complètement disparu sous l'eau, il ne reste plus que le récif corallien, qui forme des anneaux, comme dans les Tuamotu.
L'Aranui jette l'ancre en face du port de Rotoava. Il ne peut pas accoster, le débarquement se fait donc en baleinière. Le passage entre l'Aranui et la baleinière peu sembler acrobatique, mais les marins sont aux petits soins.
Sur le port de Rotoava, quelques artisans nous attendent, mais nous prenons tout de suite la direction du sud, sur l'unique route de l'île. A notre droite, le lagon, d'un magnifique bleu turquoise. Le long de la route, essentiellement sur notre gauche, des habitations entourées d'arbres fleuris et de palmiers massifs.
Nous dépassons deux églises de confession différente, un hôtel avec bungalows sur la plage, ... en marchant un peu, nous nous retrouvons rapidement seules. Installées sur une plagette, nous profitons de l'eau transparente (et pas si chaude que ça au début). Nous sommes équipées contre les risques locaux : chaussures de baignades pour éviter les piqûres des poissons-pierre, t-shirt anti-uv pour limiter les risques de brûlures, ...
Fleur de tiare et fleur de frangipanier :
Retour à bord pour midi, puis après-midi en mer, il reste 1000 km à parcourir jusqu'aux îles Marquises. La houle est de plus en plus forte, l'infirmière distribue du Mercalm à tour de bras.
